
« Guérir la maladie, c’est extraire la puissance nuisible qui en est la cause et voyager dans le monde d’en bas pour récupérer l’esprit bienfaisant qui accomplira la guérison.
Le mal est souvent la conséquence d’une déspiritualisation. La perte de l’esprit gardien du corps, présence spirituelle protectrice qui permet à l’organisme de résister aux agressions extérieures, ouvre l’accès aux forces malfaisantes.
La maladie est l’intrusion d’une puissance étrangère, elle profite d’une faille, d’une brèche dans nos défenses spirituelles. La guérison se fait au bout d’un voyage mental qui a pour but de retrouver la spiritualité perdue et les forces thérapeutiques infinies qui vont avec.
L’état modifié de conscience peut être atteint par des sons, la musique d’un tambour ou le rythme d’un hochet. La danse ou le chant peuvent suffire pour entrer dans une autre réalité.
Avec l’aide de son « esprit gardien » qui le protège et d’autres esprits alliés, le chaman va chercher la force perdue du malade, son « « esprit gardien » égaré. Il peut aussi aller directement à la rencontre de la puissance nuisible qui altère sa santé, pour l’en débarrasser. Telles sont les deux approches fondamentales de la guérison chamanique : la restauration des pouvoirs bénéfiques et l’extraction de ceux qui sont nuisibles.
L’esprit gardien à retrouver se présente souvent sous la forme d’un animal, dit « animal de pouvoir ». Il s’agit ensuite de le remonter à la surface et de le restituer au malade en le « soufflant » à travers sa poitrine ou son crâne. Le souffle rend l’esprit.
Le chaman peut aussi extraire les intrusions de pouvoir nuisible comme on extrait le venin d’une morsure de vipère. Il « suce » la maladie en aspirant hors du corps les esprits intrus qui lui apparaissent (…). Comme il voit à travers le corps, il sait ou pratiquer l’aspiration avec l’aide de ses esprits alliés et recrache la maladie prisonnière de sa bouche.
La guérison chamanique est un exemple de pure guérison spirituelle. La maladie ne touche qu’un corps qui a perdu l’esprit. Un corps seul.
La bonne santé est l’état normal de l’organisme en équilibre entre forces de la matière et de l’esprit. La philosophie est claire : l’esprit est le gardien du corps, sa baisse de vigilance ouvre l’accès aux infections, aux dérégulations et au bout du compte à la mort.
La guérison chamanique emprunte peut-être les voies de la médecine quantique.
Les chants thérapeutiques soignent les malades à l’écoute. Les mots n’ont pas d’importance, seules comptent les vibrations. Le chaman se connecte à l’âme du patient et chante. Celui qui souffre doit se laisser bercer, emporté par les sons bienfaisants. Les mélodies vont effectuer un travail vibratoire d’harmonisation et de soins. Ondes, vibrations, énergie, échos de la réalité quantique où tout est ce qui vibre.
L’interconnexion de tous les êtres vivants, cœur du chamanisme, symbolisée par la toile d’araignée, fait écho à celle des particules quantiques qui communiquent la moindre modification de leur état, instantanément, de l’une à l’autre, à des kilomètres de distance.
J’ai toujours eu la plus grande considération pour les « hommes médecine ». Que l’on croie ou non aux influences d’un autre monde, le chamanisme mérite le respect de tous les médecins occidentaux pour une raison essentielle : l’engagement.
Il y a, dans notre mode d’exercice, un espace de protection qui nous sépare du malade. Une distance de sécurité. Notre implication de médecin est presque toujours relative. On soigne de loin. On pratique une médecine virtuelle, protégée, à l’écart du terrain, en invité qui ne risque pas grand-chose pour lui-même, qui prescrit des médicaments en pariant sur leur efficacité et sur la bonne volonté de la nature pour guérir. Rien à voir avec le voyage chamanique, qui exige toutes les énergies du soignant, avec parfois un risque vital pour lui. »
Extrait du livre « Guérir quand c’est impossible » , par Antoine Sénanque, Neurologue et écrivain, découvrez le lien indiscutable entre médecine et spiritualité !