
A travers cette article, il me paraissait important pour moi de rendre hommage aux femmes à travers le monde, ainsi qu’aux lignées des femmes qui ont été mes ancêtres, nos ancêtres, et dont la condition et les dogmes ont pu forger l’histoire, et par ricochet participer à l’histoire de chacune d’entre nous.
J’en profite pour saluer cette fabuleuse déclaration de Grand Corps Malade et citer un extrait de sa chanson intitulée Mesdames : « Veuillez accepter, mesdames, cette déclaration Comme une tentative honnête de réparation… ».
Car oui, il est bien question de réparation, du poids de l’histoire que nous portons, des mémoires culturelles, sociétales et transgénérationnelles, que les femmes continuent à subir, et qui, se transmettent de génération en génération, jusqu’à ce que l’on ose s’en affranchir pour enfin s’en détacher et les libérer.
Mais à quel prix ?
Aller chercher les mémoires, les mettre en lumière, les libérer, sont au cœur de mes pratiques.
Car il faut bien se rendre à l’évidence que les droits des femmes continuent d’être bafoués partout dans le monde, et, dans de nombreux pays, ils régressent même.
Chaque jour, je mesure cette chance d’être cette femme LIBRE, en ayant cette infinie compassion pour toutes ses femmes qui sont privées de leurs droits fondamentaux.
Aux femmes, qui subissent de plein fouet les destructions et la famine. Pour celles encore, qui n’ont parfois plus accès à l’éducation, au droit de travailler, à circuler librement dans les espaces publics, devant être accompagnées par un homme. Celles à qui l’on impose de se couvrir l’intégralité du visage et du corps, sans pouvoir en disposer, contraintes de se marier, ou excisées. Celles qui subissent le viol, qui est parfois utilisé comme arme de guerre engendrant des grossesses forcées et la transmission volontaire d’infections pour provoquer l’exode des populations, jusqu’à leur retirer le droit de s’exprimer ou de faire entendre leur voix.
Voilà pourquoi j’avais envie de faire entendre la mienne !
En France, les inégalités persistent, notamment en matière de salaires (les femmes gagnent en moyenne 22 % de moins que les hommes), et de partage des tâches domestiques (les femmes réalisent en moyenne près des deux tiers du travail domestique et parental non rémunéré 64 %).
Malheureusement, encore aujourd’hui en France, beaucoup de femmes, de jeunes filles, sont encore soumises à cette société patriarcale.
Les écrits apocryphes (cachés par l’église et exclus des textes intégrés dans la Bible) en sont le parfait exemple. Ils nous éclairent sur le fait que Marie Madeleine ait reçu un enseignement privilégié de la part de Jésus, ce qui était déjà pour l’époque, absolument contraire aux normes sociétales. La femme n’avait pas droit à l’éducation, ni à prendre la parole en public. Pourtant, Jésus en a fait une figure spirituelle majeure de l’histoire, elle a reçu ses enseignements et ses visions, l’a chargée d’annoncer la résurrection. Les textes gnostiques l’annonce comme étant le symbole de la gnose, la connaissance salvatrice, l’apôtre des apôtres.
Or, les récits du Christ révèlent clairement un abus de pouvoir, une forme de misogynie, où les traditions masculinistes successives ont dans un premier temps effacé le rôle majeur de Marie Madeleine des évangiles, puis dans un second temps, en ont fait l’archétype de la prostituée repentie, de la pêcheresse par excellence, et non de la disciple préférée de Jésus.
Ce qui a profondément enraciné l’idée que le corps, la sexualité et le genre féminin étaient intrinsèquement liés au péché, et, que pour être acceptée, la femme devait s’excuser d’exister et se repentir in aeternum.
Marie Madeleine occupe pourtant une place centrale dans les traditions chrétiennes. Théologienne, mécène, chef spirituelle, elle pratique le rite de l’onction, la prédication, prêche publiquement la foi. En effaçant le statut de Marie Madeleine, l’institution ecclésiastique a empêché l’accès des femmes aux fonctions de direction, de prédication et d’ordination pour pouvoir ainsi régner en Maître.
Jésus considérait les femmes avec le plus grand respect et avec une égalité révolutionnaire pour son époque.
Le détournement de l’histoire et du statut de la femme a eu des conséquences historiques majeures sur le pouvoir des femmes au sein de la société et de l’église.
Lorsque j’étais enseignante, des jeunes filles se confiaient à moi, on les obligeait à se couvrir le corps à peine sortie de l’école, à porter toutes les charges domestiques, à élever leurs frères et sœurs, à se marier parfois avec un partenaire désigné. Pour certaines, on leur interdisait de venir à mes cours car je les ouvrais sur le monde et que c’était mal et dangereux.
Une femme libre est souvent perçue comme dangereuse par les structures patriarcales ou autoritaires car elle échappe au contrôle, refuse la soumission et bouscule l’ordre établi.
Lors de mes séances également, combien de femmes ont pu me témoigner, que sous l’intimidation, par peur de la réaction de leur partenaire, pour éviter le conflit, ou pour faire plaisir, elles s’obligent à avoir des rapports intimes alors qu’elles n’en ont pas envie ? Ou se font violer par leurs partenaires et gardent le silence ?
Combien de femmes sont encore tributaires financièrement et matériellement de leur conjoint ? Combien ne peuvent pas disposer de leur propre argent ? attendent encore l’approbation masculine pour faire le moindre choix ?
Combien de femmes sont contraintes de répondre aux volontés de leur conjoint et ne sont pas libres d’agir comme bon leur semble ? (Choisir un travail qui leur plaît, s’habiller comme elle le souhaite ,fréquenter ou contacter des amis, faire des activités extérieures,…)
Au XXIe siècle, combien de femmes vivent encore sous l’emprise des dominations ?
Alors qu’en date du 4 mars 2024, la France est devenue le premier pays au monde à inscrire le droit à l’avortement dans sa constitution, lui donnant enfin une garantie explicite, celui-ci demeure pourtant fragile dans de nombreux pays. Il y a dans certains pays un refus de pratiquer l’IVG alors qu’il y est autorisé, d’autres imposent des conditions ou des justifications, d’autres encore l’ont fortement restreint ou totalement interdit.
Le comble étant qu’environ 1 femme sur 3 subit des violences physiques ou sexuelles au cours de sa vie.
En termes de féminicide, environ 140 femmes ou filles sont tuées chaque jour par un membre de leur propre famille ou un partenaire intime dans le monde.
Depuis la nuit des temps, on attribue à la femme un statut inférieur à l’homme, comme si elle n’était pas son égal, comme si elle avait moins de valeur, ne pouvant pas bénéficier des mêmes privilèges que l’homme, comme s’il avait une aura supérieure, octroyant ainsi un pouvoir du masculin sur le féminin, perpétuant ainsi le cycle des dominations.
Nous habitons tous un corps physique, mais l’essence de l’être n’a pas de genre.
C’est d’ailleurs ce que mettent en avant de nombreuses traditions.
Dans l’Islam par exemple, les textes fondateurs soutiennent une égalité spirituelle et ontologique absolue.
Dans le mysticisme, comme le soufisme, le christianisme ou le judaïsme, la proximité avec Dieu dépend de la pureté du cœur et des actions, et non du sexe de la personne.
La dimension éthique et spirituelle des textes sacrés porte un message d’égalité.
C’est uniquement le poids des traditions patriarcales, qui en ont fait des interprétations pour mieux imposer la vision de l’homme et ainsi prendre le pouvoir sur la femme.
Dieu, la Source, le Créateur (peu importe son appellation), j’évoque ici un Dieu universel, qui n’est qu’Amour inconditionnel, permet à chacun de ses enfants d’être libre de ses choix et de son chemin. En aucune façon, il impose, limite, enferme, divise et condamne.
C’est pourquoi, aucun Dieu digne de ce nom ne pourrait condamner une femme si elle dispose de son corps. Cessons enfin de porter le poids de cette culpabilité, de louer obéissance à des préceptes construits par l’homme, et rappelons que notre corps nous appartient.
Que nous naissions femme ou homme, nous devrions tous être souverains de notre existence et disposer librement de nos actes et de nos pensées.
Combien de femmes, sous les diktats de la société et de la religion, ont encore honte d’avoir eu recours à l’IVG et n’osent en parler ? Combien ont vu leurs vies basculer ou l’ont perdu pour ne pas avoir voulu déroger aux dogmes religieux et sociétaux ?
C’est l’histoire de ma Grand-mère de cœur, Jeanne, la sœur de ma grand-mère paternelle, qui a bercé mon enfance. Cette femme a voué sa vie à Dieu, à la Légion Marie et à la prière. Elle était dame de catéchisme et a toujours aidé et donné aux plus démunis.
C’est bien plus tard, en travaillant sur mes mémoires familiales et la psychogénéalogie, que j’ai découvert qu’elle avait eu recours à une faiseuse d’ange afin d’arrêter sa grossesse, je comprenais pourquoi elle n’avait jamais pu avoir d’enfant. Très jeune, elle a vraisemblablement subi un viol de la part de son employeur, et, comme l’Eglise catholique interdit les relations sexuelles ou une grossesse hors mariage, sous peine que cela soit considéré comme un péché, elle n’avait pas eu d’autre choix que de la cacher et d’y mettre un terme.
Elle n’a jamais parlé de cet évènement, elle emporta ce secret dans sa tombe. Tellement honteuse, que de son vivant, elle continuait à condamner cet acte tout comme le fit l’église, alors qu’elle y avait eu elle-même recours.
Les non-dits s’imprègnent inévitablement dans les mémoires familiales, et c’est ainsi que l’histoire se répète dans les générations suivantes, pouvant engendrer des IVG, des fausses couches, des difficultés à concevoir un enfant, des problèmes gynécologiques et utérins, ou en lien avec l’intimité.
Notre corps ne cesse de s’exprimer et nous rappelle toujours nos mémoires familiales, nous avons tous la possibilité de les délivrer.
Le prix du silence pour rester pieuse aux yeux de la religion catholique aura enfermé ma grand-mère dans son propre enfer intérieur. Elle en a payé le prix fort, en n’ayant jamais pu être mère et en portant ce terrible fardeau jusqu’à la fin de sa vie sans pouvoir s’en délivrer.
Honte, culpabilité, sacrifice, souffrance, je mesure combien son cœur devait être lourd, la compassion et l’amour que nous envoyons à nos ancêtres contribuent à transformer ces mémoires et à les libérer.
Comprendre ce qui s’est joué dans notre histoire familiale permet de libérer nos ancêtres et de pacifier les mémoires.
Edmée Gaubert, soulève, dans son ouvrage : « De mémoire de fœtus », l’importance de cette période intra-utérine, elle aborde tout un chapitre sur l’Histoire du petit fœtus dont la maman se faisait régulièrement violer.
Notre héritage familial s’inscrit dans nos mémoires cellulaires dès la conception.
Le déroulement de notre parcours de vie, certaines difficultés, souffrances, répétitions de schémas, trouvent leurs origines dans ce que nous avons vécu dans la vie intra-utérine. Nous en portons l’empreinte (viol, inceste, adultère, secret de famille, violences, fausse couche, syndrome du jumeau perdu, deuil, déni de grossesse, grossesse non désirée, drogue, alcool, dépression, …).
D’où l’utilité de nous interroger sur l’histoire de nos parents, du couple qu’ils ont formé, de ce qu’ils ont traversé, de comment nous avons été conçus, du déroulement de la grossesse, de notre naissance, afin d’apporter des clés de compréhension sur notre identité et notre parcours de vie.
L’assistance médicale à la procréation participe de plus en plus à la conception d’un enfant, il est alors primordial d’expliquer à l’enfant comment il a été conçu et de l’éclairer sur son histoire.
Indiquer à son enfant s’il y a pu avoir une fausse couche avant lui, ou le décès d’un enfant ou d’un membre de la famille, s’il a vécu la perte d’un embryon qui a pu se loger avec lui. Lui révéler l’identité de son père est également fondamental pour sa construction. Tout comme lui expliquer dans quel état d’esprit sa mère a traversé sa grossesse, a-t-elle été malade, dépressive, angoissée, perturbée ? Comment était son environnement ? L’ambiance du foyer ?
Autant de données qui participeront à ce que l’enfant comprenne son histoire et n’en porte plus les séquelles.
L’embryon capte absolument toutes les vibrations, de peur, de tristesse, de colère, et tout ce qu’aura vécu celle qui le porte. Un enfant issu d’un acte d’amour ou à contrario d’un viol n’aura indéniablement pas la même empreinte et les mêmes bagages dans sa vie future.
Il est impératif que l’enfant connaisse la vérité sur son histoire. La vérité libère les blocages et contribue à son épanouissement.
Sur le plan spirituel, l’embryon a une âme qui est liée par un cordon d’argent (différent du cordon ombilical biologique), un lien énergétique invisible et lumineux, qui relie le corps physique à l’âme ou au corps astral d’une même personne.
De mon point de vue, l’âme (de l’embryon) qui est reliée à la mère entretient un lien subtil éternel avec elle, aussi bien in utero qu’après sa naissance. Ce lien permet entre la mère et l’âme qui s’incarne, des échanges d’énergies, une communication sensible par le biais des rêves, de la télépathie, ou encore des visions ou des voyages astraux, un amour infini, au-delà du temps et de l’espace.
Cette petite âme fait le choix conscient, avant même son incarnation, de venir s’implanter dans ce ventre maternel, ayant parfaitement connaissance de ce qu’elle s’apprête à vivre sur le plan terrestre, en terme d’interruption de grossesse. Défendre le statut de l’embryon ou du fœtus quant à son droit à la vie n’a pas de sens puisque c’est l’âme elle-même qui a souhaité expérimenter cela.
L’âme fait le choix de qui sera ses parents, du jour de sa naissance, comme du jour de son départ et de quelle façon elle partira.
Beaucoup d’âmes décident par ailleurs de s’incarner sur une très courte durée, en optant justement pour l’expérience de la fausse couche, ou de l’IVG, que cela soit volontaire ou subie.
Cela lui permet dans ce laps de temps, de transmuter un karma familial ou certaines peurs liées à d’autres incarnations, de participer ou de profiter de la libération des mémoires familiales, de recevoir un patrimoine génétique nécessaire à une prochaine incarnation, ou d’être en contact avec les énergies terrestres et d’apporter de plus hautes vibrations lors de son très court passage sur Terre.
Dans ce contexte, l’âme n’a pas pour objectif de s’incarner sur Terre, son passage lui sert uniquement de source d’apprentissage et d’évolution, et lui permet d’équilibrer le karma de chacun, qu’il soit individuel, familial ou collectif.
Ces évènements douloureux et marquants dans la vie d’une femme, parfois très culpabilisants, doivent être pacifiés et guéris afin d’apporter un nouvel encodage des mémoires familiales et karmiques. Il est important que chacun retrouve la paix et puisse percevoir l’amour qui les lie à ses petites âmes.
J’ai toujours eu pour habitude de planter un arbre, en hommage à la naissance de chacun de mes enfants, comme pour des évènements importants de ma vie. J’ai planté il y a quelques années un cerisier en hommage à l’histoire de mes ancêtres et particulièrement à la lignée des femmes, à Jeanne, à ses petites âmes parties prématurément.
Peu de temps après, j’ai pu constater au pied du tronc, que 3 autres petits cerisiers avaient poussé. Ses naissances sont le reflet de la réparation des mémoires familiales. Ils témoignent de la libération des souffrances passées pour laisser place à la vie, à de nouvelles graines l’amour.
L’histoire n’est jamais immuable, tout comme la vie, elle est en perpétuel mouvement.
A nous, les femmes, d’oser reprendre notre place, de nous donner la considération que nous méritons, dans notre droit le plus fondamental : VIVRE LIBRE.
« Nous sommes le prolongement de ceux qui nous ont précédés, porteurs de leurs espoirs, de leurs forces et de leurs rêves enfouis »
« Honorer ses ancêtres, c’est reconnaître que l’arbre ne peut grandir sans ses racines »
« Honorer la femme, c’est honorer la vie » Shiny Iris
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